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Par odileavril dans Accueil le 24 Novembre 2011 à 15:04
X- La douche
Combien de temps ai-je sombré dans les rêves ?
Je me réveille seule dans le nid, guère reposée. Je suppose que la future Reine est déjà à pied d’œuvre. La journée d’hier a été si folle, pas un instant je n’ai pu faire une pause, réfléchir à ce qui m’arrivait, ce que Kyôko me révélait, ce que je devinais par moi-même sans aide et sans effort… Tout cela est-il réel ?
Le vrai : je suis couchée dans un nid si bizarre, vois les outils d’hier qui ont servi à torturer cette pauvre fille, sens les brûlures que je devine sous mes doigts quand je touche. Et ces sensations nouvelles, comme si je possédais un 6ème sens en moi ; un flot d’informations me submerge, une impression de percevoir chaque murmure d’une foule bruissante. Des gens qui s’interrogent, des centaines d’esprits qui attendent, curieux, se préparant à découvrir la nouvelle merveille ; j’entends le prénom chuchoté ; je le perçois en pensée et reçois l’image associée, très différente selon chaque personne.
« Elle serait blonde. »
« Elle est petite. »
« She is beautiful. »
« Sie ist schön. »
Et d’autres… C’est incroyable, moi si nulle en anglais, allemand ou autre langue, je m’aperçois que je comprends ces pensées, pourtant émises dans une variété de langages dont certains que je n’ai jamais entendus.
Mais un mot, un nom, un espoir, un souhait :
« ODILE ! »
Tout se résume à cela, malgré quelquefois une prononciation particulière ou approximative. Comme un cri unanime !
Quelqu’un monte, apparaît dans l’entrée du nid. C’est Alfredo.
« Réveille-toi Odile. »
Sa voix est douce.
« Je n’ose pas trop…
— Des centaines d’employés sont là, ils espèrent te voir !
— Je ne suis pas prête…
— Tout à l’heure tu seras Princesse, tu dois satisfaire leur désir, leur volonté. Il en arrive d’autres encore, tous n’attendent que toi.
— C’est tellement fou, jamais je n’ai été préparée !
— Tu n’en as pas besoin m’a expliqué Princesse, tu sauras comment être.
— Oui, peut-être. Que m’amènes-tu ?
— Un shampoing-douche un peu spécial.
— Mais il n’y a pas de douche ici.
— En bas, si. Tu vas devoir te laver devant des milliers d’admirateurs.
— Je ne suis pas très exhibitionniste, tu sais.
— La pudeur ne sied pas à une femme comme toi, admirée, respectée, à celle qui va devenir notre modèle, notre maîtresse entre toutes les maîtresses, l’égale des plus grandes.
— Je dois me présenter toute nue devant eux ?
— Après ta douche, tu pourras t’habiller.
— Ok ! ok ! je me lève. »
J’avance vers l’ouverture du nid, regarde vers le sol. Des centaines de personnes sont là à genoux. Un murmure s’entend, des pensées concordantes convergent vers moi dans mon nouveau ressenti. Je distingue une jeune femme qui joint ses mains, en croise les doigts. Elle crie :
« Odile ! »
Sa voisine l’imite, puis d’autres, bientôt tous ou presque. Ils scandent mon prénom, je ressens que ce cri est empreint à la fois d’espoir et de crainte.
Instinctivement, en les regardant, je lève mon poing droit serré. Voilà qu’en bas quelques-uns décroisent les doigts, lèvent le poing comme je le fais.
La raison de mon geste est liée à ma personnalité. Je suis une insoumise née.
Bouleversée de la maladie, depuis toujours, les miennes dès mes premiers mois, l’injustice de celles des autres, comme si j’éprouvais leurs douleurs, leur affaiblissement, le mal-être conséquent.
Révoltée de l’injustice, quitte à foncer tête la première, sans même prendre le temps de la réflexion. Parfois, une réaction mieux réfléchie aurait été plus à propos. Mais en moi, je sais qu’il vaut mieux dénoncer une injustice qui n’est pas qu’en laisser passer une sans réagir. Tant pis pour mon aura de justicière !
Révolutionnaire très vite dans ma jeunesse, m’y consacrant bien plus qu’à mon propre avenir, au grand dam de mes parents qui espéraient une brillante carrière.
Agitatrice dans mon amphithéâtre à la fac au point de transformer un cours en Assemblée Générale improvisée et de proposer une grève que personne n’avait envisagée, qui prit toutes les organisations de court, y compris celle où je militais… Ma proposition fut acclamée et s’étendit à toutes les années d’études concernées.
Révoltée au sein des révolutionnaires au point d’en partir avant d’en être exclue.
Ce n’était que le début de ma carrière de pasionaria.
Mais, ce n’est pas le sujet : je suis ainsi… Ils m’amusent tous avec la soumission des femmes.
Tout bébé, nous sommes presque tous soumis à une femme, notre mère ou celle qui en a le rôle.
Les hommes, il faut les voir quand ils obtiennent leur premier rendez-vous avec leur amoureuse, timides, tout soumis à la "femme".
Finalement, si certains hommes voient les femmes en soumises, ce n’est qu’une volonté de revanchards qui sommeille, d’envieux du privilège féminin.
Bien sûr, autrement, le mâle ne cherche qu’à renverser les rôles, avoir un pouvoir, parce qu’il n’a pas celui d’enfanter, de créer la vie.
Heureusement, tous les hommes ne sont pas ainsi. La gent masculine, ça reste à analyser…
Maintenant, la foule dresse le poing. J’enjambe le seuil et descends rapidement, suivie par mon boy-friend.
Quatre hommes m’attendent, me soulèvent une fois arrivée près du sol. Je passe de l’un à l’autre, puis à d’autres encore, surnageant la foule aux bras tendus en l’air. On me pelote, on me caresse, certains même en profitent pour me pincer… Faudrait que je relève les noms pour sévir contre ceux qui abusent !
Ce sont quand même des sensations loin d’être désagréables, comme si la plupart me touchaient pour me transmettre un amour débutant qui ne demande qu’à s’épanouir. On me dépose sur un piédestal qui supportait hier une statue grecque, remplacée par une douche improvisée.
Ouh ! elle est froide, même glacée… Quelqu’un, à l’autre bout du tuyau qui alimente le pommeau de douche, doit régler l’équilibre chaud / froid, car l’eau se tiédit et en devient presque brûlante.
Ainsi placée, je domine la foule qui peut en profiter pour me mater à loisir mais, comme si ça ne suffisait pas, trois caméras, tenue chacune par un homme, me filment en détail, diffusant ma nudité sur des écrans géants.
Je me mouille entièrement et regarde le produit que j’ai serré dans ma main tout au long de ce porté d’amour. Curieux, il est en deux parties, ce flacon qui d’un côté, d’après le symbole, indique qu’il sert de shampoing. En le retournant, s’affiche un pictogramme précisant qu’il se destine au corps.
J’ouvre la partie destinée à mes cheveux, en en humant les effluves. Une odeur de cannelle envahit mes narines, "j’adore" comme dirait la pub de Dior et je le dis haut et fort !
Ben oui, hé, je me lave les cheveux, mais quel privilège de le faire devant des milliers d’yeux de Chimène ou de Rodrigue !
Voilà, voilà, je me rince, passons à la phase 2.
Je retourne le contenant. Et je sens… Rien que l’odeur : cela n’est pas désagréable, non, une impression de nature, mais comment dire, forcée, si je m’exprime bien. Un peu interloquée, je regarde si la composition est indiquée. Non, seulement le pourcentage d’eau, un peu d’exfoliant, d’alcool gras, de savon et surtout des concentrés de produits naturels non précisés.
L’odeur me rappelle ce qui embaume quand, en altitude, on coupe l’herbe sauvage qui n’est pas justement composée en majorité de brins, mais de toute une collection de plantes de montagne, de chardons, de gentianes, de fleurs diverses et variées.
Une femme vient vers moi et me donne un gant de latex. Ben je le passe à ma main droite !
Tout le monde semble désirer que mon décrassage se poursuive. Comment ne pas céder à leur désir ? Je presse un peu le flacon pour en faire sortir le liquide qui, au premier abord, semblait transparent, mais qui prend une teinte verdâtre au contact de l’air.
Je commence par mes seins, ça pique. Au premier contact… Car après ça chauffe comme une crème destinée à soulager une atteinte musculaire. Je continue malgré la perception que cette chaleur commence à se muer en une brûlure de plus en plus intense.
Je soulève un peu mes seins pour continuer… Je ne vais quand même pas donner l’impression de reculer devant une douche un rien revigorante. Je persévère avec mes jambes, tout en constatant que la peau de ma poitrine commence à rosir nettement.
Courage, je continue, refusant de me rincer trop vite. La sensation s’étend à tout mon corps ; j’espérais un peu que cela se calmerait, mais non. Par contre la douleur n’augmente pas, elle s’arrête à un certain palier. Les pieds, les fesses, le bas du dos, tout y passe.
Sur la figure, non pas la peine, j’ai utilisé le shampoing comme d’hab’.
Maintenant j’arrive à l’endroit, aux endroits où cela peut poser vraiment problème. L’anus, ça pique, aïe aïe aïe ! Malgré tout je souris, jette le gant, reprend sans protection une grosse noix de ce liquide visqueux.
Et j’aborde la partie que tout le monde attend, ma toilette intime.
Je ne sais même pas si les spectateurs se rendent compte de ce qui se passe, malgré l’aspect de ma peau qui a pris sur mon corps une couleur rose foncé inhabituelle, pas loin de la couleur qu’elle peut acquérir juste après une exposition un peu trop prolongée au soleil, débouchant sur une légère brûlure, au niveau médical, mais suffisante pour se dire qu’il est préférable de ne pas somnoler nue en plein été sans protection contre les rayons de notre étoile si on veut endormir sa nuit.
Et je commence… Les trois caméras filment en gros plan ma chatte suivant des angles différents dévoilant ainsi tous mes secrets physiques de femme pudique sur des images que la foule peut admirer en détail.
J’écarte mes lèvres, commence à savonner ma muqueuse.
« Tu es vraiment courageuse, ma vieille, tu continues à sourire comme si de rien n’était alors que ton sexe commence à te cuire sérieusement. »
Mon auto-réflexion se poursuit :
« Mais comme une brave fille que tu es, petite idolâtrée d’à peine quelques heures, dégage ton capuchon, insiste bien dans les replis labiaux. Un petit tour vers le vagin… »
La foule me regarde, admire les images démesurées. Et moi je fais des efforts, pour me donner en spectacle, pour contenir mes douleurs qui sont assez insupportables, pour, à défaut de crier, ne pas pleurer. J’insiste, donnant l’impression de me masturber en public, et ça marche, les milliers d’yeux semblent briller, les regards se font plus libidineux…
Mais sages, oui ils sont sages, mes futurs employés, comme des images…
Oublié, oui je vais oublier mon désir de sanction contre les plus lubriques de mes porteurs.
Je suis maintenant, ou plutôt serai leur poupée, leur jouet tout en étant leur guide. J’ai perdu ma pudeur. Auparavant, jamais je n’avais envie de me montrer sans habits, sauf à mes amants ou à mes médecins. Même sur la plage, tout au moins ne pas montrer le diamant des bigotes de Brel. Et voilà, comme si je venais de sacrifier une seconde fois ma virginité !
Mais je les comprends, je ne sens pas de perversité réelle, ne devine pas, en mon réceptacle intérieur de mille pensées, ce que toute femme suppose des machos. Ils n’imaginent la femme qu’en objet de plaisir, de leur plaisir à eux, sales égoïstes oubliant que l’amour est un partage, le plus beau de la vie en société.
Cette dévotion, est-elle mystique ou autre ? Je ne le sais encore. Mais, je commence à m’émouvoir, une larme coule de mon oeil, une autre la suit et très vite ce sont des milliers d’yeux qui pleurent en même temps que leur Odile… Ce sont des pleurs liés au trop fort de la tension affective, un excès de sensualité qui s’évacue par-là à défaut d’ailleurs.
Non ce n’est pas la douleur la cause. Celle-là, elle finit par m’exciter… Imaginez-vous, mesdames, avoir un coup de soleil dans cet endroit caché des rayons de l’astre comme des yeux curieux si toutefois on ne sombre pas dans l’impudique pornographie ? Et maso comme je suis…
Mais non je n’irai point jusqu’à l’orgasme, quoique… NON ! Je me rince et plutôt en détail et bien profond que superficiellement !
Certes, l’irritation excitable (ou l’excitation irritée c’est comme vous voulez…) n’est pas vraiment retombée, mais je n’ai pas que ça à faire, surtout que je sens des mouvements de foule, il semble que de nouvelles invitées prestigieuses débarquent.
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Par odileavril dans Accueil le 14 Mai 2011 à 13:02
Avertissement : Ce chapitre est un peu chaud. Je demande aux mineurs de ne pas le lire, merci !
I- L’accident.
(Raconté par Sylvain)
« Debout !
— Mais enfin, Maman, je t’ai dit hier que je n’irai pas ! »
À moitié endormi, je réagis avec retard par un mouvement de recul lorsque je m’aperçois que la personne qui vient d’ouvrir les volets n’est pas ma mère. Je découvre une femme assez jeune, plutôt petite, mince, blonde, les cheveux coupés à la Louise Brooks. Elle est habillée d’escarpins rouge sang, d’une mini-jupe plissée du même rouge et d’un chemisier blanc. Son regard bleu me fascine ; il m’hypnotise par cette impression de voir en moi bien au-delà de mes yeux étonnés. La sensation d’être dans l’instant totalement réveillé me rend euphorique.
« Non, je ne suis pas votre maman, sourit-elle.
— Qui êtes-vous et que faites-vous dans ma chambre ?
— Je m’appelle Odile et je suis ici pour vous emmener à temps à votre examen d’astrophysique.
— Justement, je n’étais pas prêt et avais décidé hier de laisser tomber. Comment savez-vous ça ? Qui vous a ouvert la porte ? Qu’avez-vous fait à ma mère ?
— Je sais, c’est tout. Ne vous inquiétez pas, elle dort encore. Je suis arrivée ici en catimini… Habillez-vous vite, nous sommes en retard !
— Et la douche ?
— Vous n’en avez pas besoin. »
En effet, une impression de propre et de fraîcheur m’envahit avec un léger effluve boisé et anisé à la fois. Lorsqu’elle s’approche du lit, je ne ressens aucune crainte et lui fais confiance sans raison logique. Elle retire d’un mouvement le drap qui me recouvrait de la chaleur nocturne. Je ne porte qu’un tee-shirt qui ne cache rien de mon bas-ventre dénudé et d’un repli d’érection matinale. Elle jette un slip, un jean et un polo sur le lit, se saisit du mouchoir en papier qui traînait humide sur le drap, le hume et rit :
« Hum ! elle est jolie votre copine, pourquoi lui imposer sa sœur dans vos phantasmes, elle seule ne vous suffit pas pour bander ? »
Je rougis de honte… Comment devine-telle mes pulsions érotiques d’hier soir ? Son sourire espiègle devient complice :
« Ce n’est pas grave, ne vous choquez pas, je suis un peu inquisitrice depuis quelque temps. Allez, pressez-vous, le parcours risque d’être encombré.
— Vous venez avec moi ?
— Bien sûr ! »
Sans hésiter, elle se dirige vers ma voiture garée sur le parking de la cité, l’ouvre sans clef, puis soulève le capot tout en passant un coup de téléphone.
« Allô ! Deborah […] Tu peux me régler aux petits oignons une Peugeot 106 XSI de… me demande-t-elle en se tournant vers moi.
— 1994 et 95 chevaux. »
Le moteur démarre tout seul. La jeune femme approche le mobile de certaines parties de la mécanique, dont la sonorité évolue vers une tonalité plus rauque.
« C’est bon ? s’informe Odile au portable […] Ouille ! 165 chevaux, tu as fait du bon boulot […] Oui, dommage, tu aurais pu faire mieux en plus de temps […] On y va, tu peux me dégager un peu la route de Cergy-Pontoise à Jussieu ? […] Merci ! Bisous […] »
« Montez à droite, je conduis. »
Submergé par tous ces événements, je n’ose trop parler et m’installe sagement
Impressionné par tous ces événements, je n’ose trop parler et m’installe sagement. Odile démarre sur les chapeaux de roue. Je vois l’aiguille du compte-tours se bloquer régulièrement au-delà de la limite. Sur l’autoroute, le compteur titille les 240 km/h… Je n’en mène pas large, surtout que la conductrice conduit de manière très décontractée, tenant le volant d’une main, car elle fume en même temps. Et lorsqu’elle change de vitesse, c’est le volant qu’elle abandonne !
« Bonnes petites autos, les Peugeot, étonnant ce qu’on peut en tirer, apprécie-t-elle. Ne vous inquiétez pas pour la voiture, elle tiendra bien jusqu’à notre rendez-vous après l’épreuve.
— Ah ?
— Oui c’est pour cela que je vous accompagne. Vous devez être surpris de ce que vous venez de découvrir, je ne suis pas une femme comme les autres.
— J’ai constaté !
— Si vous saviez qui je suis, vous vous prosterneriez à mes pieds, mais là il nous reste peu de temps. »
Maintenant la conductrice s’approprie la voie sur berges le long de la Seine et zigzague entre les autres véhicules. Deux fois ma 106 se retrouve sur deux roues pour se glisser entre le mur et la file des voitures. La vitesse oscille entre 90 et 180 km/h. (1)
« Je vais vous aider à sauver le monde et vous protéger d’ici là, enfin plutôt vous donner les capacités de réaliser cette action totalement altruiste. Oui je sais, je lis vos pensées, je ne suis pas une folle échappée de l’asile, rassurez-vous. Je vous expliquerai plus en détail tout à l’heure, vous comprendrez… Ah ! nous sommes arrivés, vous êtes même en avance, allez vite, je gare la Peugeot et je vous soutiendrai moralement. »
En sortant de ma voiture, mes jambes flageolent un peu, mais je suis soulagé de n’être plus conduit ainsi. On a risqué pas loin de cent accidents, jamais je n’ai vu une pareille conduite, comme si elle anticipait tout de la trajectoire, des réactions des autres, et les autres justement lui facilitant le passage. À cinq reprises la voiture a été flashée par des radars, elle n’y a prêté aucune attention. Je ne comprends rien à ce qui m’arrive, je ne sais pas pourquoi cette jeune femme a jeté son dévolu sur moi. Qui peut-elle être ? Je ne la connais pas… Pourtant j’ai l’impression d’être avec une amie de toujours, même plus qu’une amie, une véritable directrice de conscience. Comment peut-elle lire ainsi mes pensées les plus profondes ?
J’entre dans la salle d’examen, perdu dans mes réflexions, et je m’installe distraitement. En découvrant le sujet, je me dis que j’aurais mieux fait de rester couché ! Soudain, j’entends une voix intérieure :
« C’est Odile, ne vous affolez pas, je pratique souvent la transmission de pensée, surtout dans de pareilles circonstances. Je vais guider votre main, ainsi vous aurez l’examen sans difficulté. Comme cela me prendra environ 20 minutes, le reste du temps vous écrirez un bonus avec mes indications. Dans quelques semaines on parlera de vous comme le nouvel Einstein. »
Et voilà, je rédige sous sa dictée mon devoir en noircissant ma feuille de vagues souvenirs de cours entendus plus souvent dans la Lune que dans les étoiles. S’ensuit son bonus : une suite d’explications dans lesquelles elle parle de matière noire, de dimensions autres que le temps, de big bang qui n’en est pas un, d’interprétation et de mesures erronées sur le rayonnement fossile, d’erreurs impardonnables de calcul sur la lumière… Je ne comprends rien, mais je l’écris quand même. Sa conclusion suggère de résoudre le problème de l’unification des forces afin de rebâtir une théorie valable. Une heure avant la fin, je rends ma copie. Le prof s’étonne de l’épaisseur du devoir :
« Il n'y en a pas tant à dire sur ce sujet !
— Oui je sais, j’ai ajouté un petit développement sur un thème qui me tenait à cœur.
— Très bonne idée, merci, je le lirai. »
Avant de quitter la salle, je jette un dernier coup d’œil à l’enseignant en train de lire ma copie et qui vient de se donner une petite claque frontale semblant dire : « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! » (2)
Odile m’attend à la sortie et m’emmène vers un petit immeuble situé près du métro Jussieu. Nous montons au second. Encore une fois, elle m’étonne : elle pousse la porte d’un appartement sans avoir de clef ; par contre cette fois, dans la seconde précédant l’action, j’ai entendu clairement le mécanisme de trois verrous. Elle se dirige vers le compteur électrique et allume les lumières. Le petit appartement est inhabité, les volets sont fermés, des draps recouvrent le mobilier. Elle se dirige droit vers la chambre.
« Vous êtes chez vous ?
— Non, pourquoi ? J’ai une heure à vous consacrer grâce à l’agilité de votre plume.
— Vous y êtes pour quelque chose…
— Déshabillez-vous vite ! »
Elle retire ses vêtements et me dévoile un corps suave : des seins en conférence, vrai défi à la gravité ; ses tétons pointent vers moi telle une invitation ; intimidé, je baisse les yeux pour découvrir un ventre plat encadré de hanches un peu étroites ; j’effleure d’un regard sa toison noire parfaitement taillée ; elle se retourne et pose ses vêtements sur une chaise. Son mouvement me révèle ses petites fesses fermes implantées très haut ; je n’ai pas eu encore le temps de retirer jusqu’au bout mon pantalon qu’elle s’agenouille à mes pieds et entreprend une fellation en me parlant intérieurement…
« Allez, décontractez-vous, je vous envoie de belles images un rien cochonnes, je devine ce qui vous excite… Je vais vous dire qui je suis, qui vous êtes, pas besoin de me répondre, concentrez-vous et écoutez mon murmure intérieur : »
« Je suis une des Princesses de la Terre, celle qui gouverne le feu. Je peux le créer comme je veux, le maîtriser, l’éteindre ou l’attiser. »
Pour me le prouver, toutes les bougies de la pièce s’allument dans l’instant, toutes les lumières s’éteignent de même.
«Décontractez-vous un peu, je vous sens ramollir. Tiens tiens, vous aimez regarder des jolies filles entravées ?
— Oui, souvent !
— Je vous croyais plus sage… »
De magnifiques dessins de jeunes femmes m’apparaissent en pensée, les images envoyées sont fort impudiques, très estampes japonaises. Elles sont toutes savamment "nouées", quelquefois suspendues en l’air, attachées à des poteaux, des croix ou chevauchant un tréteau. Petit à petit les images s’enrichissent, les corps se dénudent, des fouets apparaissent et les dessins s’animent. Les lanières s’abattent sur les peaux livrées à leurs morsures, les zébrant de traces qui suivent le modelé des cordes. L’excitation monte en moi, ces animations muettes se conjuguent à la délicatesse de ses caresses.
Maintenant les images reçues ne sont plus des estampes, mais des femmes réelles qui gémissent sous les coups des verges qui marquent profondément leur peau. Je ne suis pas loin de jouir. Ses lèvres abandonnent mon sexe ; elle se jette sur le lit et m’offre son corps.
« BAISEZ-MOI ! »
Je me couche sur elle. Son sexe humide s’ouvre à ma pénétration. Elle se soumet aux mouvements synchrones de nos chairs et ralentit son discours intérieur ; tout en gémissant à mon oreille, elle accompagne de son corps ma fougue.
« Ne vous inquiétez pas, votre copine n’en saura rien. »
Elle n’a plus besoin de m’envoyer des images. Son abandon fusionnel suffit à la fertilisation de mon désir. Mais s’y ajoute une sensation inconnue, comme si ses caresses, effleurant mon dos et mes fesses, se poursuivaient en moi.
Je ressens à l’intérieur de mon corps comme des baisers qui parcourent toutes les parties sensibles de mon anatomie proches de mon sexe érigé. Les sensations induites par ces effleurements insolites prolongent celles de mon pénis dressé dans son ventre et saisissent dans une même excitation toute ma sphère sexuelle.
Elle m’embrasse, me caresse la langue ; la perception me sidère tant que tout mon corps en frissonne. Et, incroyable, ses yeux rivés dans mon regard ont changé de couleur, ils ne sont plus bleus, mais noirs comme les miens.
Brutalement, un sentiment d’aimer les autres me submerge : je comprends que tous ont des qualités qu’il me faut respecter et préserver ; je me mets à adorer ma mère tendrement, à comprendre que mon père, sous ses airs de ne pas y toucher, nous chérit plus que tout au monde.
Tout cela arrive alors que son contact m’électrise. Je dépasse l’ultime palier et elle me chuchote : « doux... doux, soyez doux, encore... continuez encore... encore » et je me surprends en ne me libérant pas. Mon sexe semble grandir un peu plus dans l’autel de son amour, des orgasmes s’approchent, mais j’ai passion de l’attendre, d’espérer son plaisir, de l’appeler pour qu’il me libère de cette tension inconnue. Une impression s’insinue, nous ne nous trouvons plus dans une chambre : nous sommes caressés par les vagues sur une plage de l’île de Grimsey ; la température est fraîche, presque douce ; l’eau n’est pas de glace et joue de sa froideur avec l’excès de mon désir ; dans le ciel, le Soleil de minuit éclaire quelques vols de macareux qui s’évanouissent ; l’obscurité nous recouvre maintenant de mille feux de lumières magiques libérés par une aurore boréale qui enflamme les ténèbres privées d’astre du jour. Un léger vent glacé sèche l’humidité qui imprègne ma peau et contraste avec le feu qui nous consume. Elle a su m’emmener et me retenir.
Au début de notre corps à corps, elle me suggérait : « attendez ! »… Maintenant, elle s’écrie :
« VIENS AVEC MOI ! »
Je jouis en elle comme jamais, elle crie, gémit, hurle. Elle me serre d’une force étonnante comme si elle voulait fusionner nos corps. Nous restons ainsi de longues minutes étreints l’un dans l’autre. Mais j’ai encore l’impression qu’elle me câline de l’intérieur pour continuer mon plaisir. Elle discourt en moi, sans doute pour me dissuader de trop sombrer dans la somnolence réfractaire.
« Je suis la plus jeune des Princesses de la Terre, celles qui vous surveillent et parfois vous guident sans que vous le sachiez. Nous ne sommes pas des fées ou des elfes, car nous sommes humaines. Nous avons des pouvoirs qui vous sont inaccessibles, mais qui peuvent vous aider. Nous sommes aussi impitoyables, cruelles, amorales. Nous ne respectons pas l’individu, homme ou femme. Seul nous motive le devenir de votre espèce. Seuls nous intéressent ceux qui peuvent nous assister en se consacrant à l’avenir de l’humanité. »
Elle glisse une main vers son sac tombé à terre, se saisit d’une cigarette qui s’allume instantanément. Ses dires me sidèrent et appellent plein de questions, mais je ne sais comment l’interrompre.
« De temps en temps, quand votre société va mal, nous avons besoin de certains d’entre vous, de ceux qui nous font vous aimer, car dévoués aux autres, aux miséreux, aux faibles. Alors nous en faisons des dauphins qui vont, à un moment ou à un autre, se sacrifier dans ce but, leur abnégation permettra alors à une partie de l’humanité de repartir dans la bonne direction. Même s’il faut en passer par la violence parfois, tant pis ! Tout à l’heure, je dirai ton destin. Mais tu es un de ces humains, tu te sacrifieras comme Jésus, Gandhi ou quelques autres avant toi, tu es un dauphin ! »
Elle m’embrasse à nouveau pour m’éviter de poser les mille interrogations qui me viennent. Elle me parle maintenant d’une voix très douce et un peu triste.
« Dommage, ce sera la seule fois pour nous deux…
— Vous êtes un rêve, Odile !
— Hélas unique, mon cher, je voulais t’offrir ce plaisir avant ton sacrifice.
— Sacrifice… Quel sacrifice ? Vous m’inquiétez !
— Bientôt tu comprendras, mais là, il nous faut partir vite, pas le temps d’une douche. »
Nous nous rhabillons en vitesse. Elle me laisse conduire cette fois. Je ne reconnais plus ma 106, un simple effleurement de l’accélérateur suffit à la faire bondir comme un dragster, c’est hallucinant !
« Maintenant, tu es prisonnier de ton destin, je te laisse cette place, car tu vas survivre à l’accident que nous allons avoir.
— Quel accident ?
— Nous allons être victimes d’un accrochage dans quelques minutes.
— Mais… on peut donc l’éviter.
— Hélas non ! c’est notre destinée, rien ne peut l’empêcher.
— Mais si vous le savez, pourquoi ne pas fuir ?
— Je vous l’interdis ! »
Je m’apprête à protester encore quand elle met sa main sur ma bouche.
« Moi, je mourrai officiellement...
— Non, je ne veux pas… pas vous.
— Mais je renaîtrai après, une Princesse ne peut être tuée. Il n’y a rien à faire d’autre, conduis ! C’est la Princesse Mahâ qui veut ta mort. Dans la demi-heure qui vient, que tu sois en voiture, en métro, en avion, en bus, à pied, chez toi ou dans une mine désaffectée, tu seras victime de cette agression. La meilleure manière est encore l’accident, il n’y aura que peu de dommages collatéraux et tu as une chance de survie. De toute façon, c’est ce qui est prévu.
— Pourquoi ?
— Parce que plus encore que toi, futur dauphin, que ta copine, bientôt dauphine elle aussi, la petite fille que vous avez conçue ensemble sera indispensable, mais là nous ignorons actuellement pour quelle raison.
— Mais de quoi me parlez-vous ?
— Tu vas bientôt être papa, le préservatif qui s’est déchiré l’autre jour est le signe du destin. »
C’était il y a trois jours, comment peut-elle savoir cela ? Non je ne rêve pas ! Brutalement, elle est à califourchon sur mes genoux et m’embrasse avec passion alors qu’elle était sagement assise à ma droite l’instant d’avant... Un camion arrive en face, il est en travers de la route et sa remorque déséquilibrée se dirige droit sur notre voiture.
La dernière image que je vois est une femme en lévitation, vêtue d’une longue robe noire qui brille d’un éclat inhabituel.
(1) : Référence au film "Ne nous fâchons pas" de Georges Lautner.
(2) : Référence à la série "Les Cinq Dernières Minutes" de Claude Loursais.
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Par odileavril dans Accueil le 9 Mai 2011 à 18:24
Avertissement : Ce chapitre est extrême de pas mal de points de vue. Je demande aux mineurs de ne pas le lire et je le déconseille aux personnes sensibles... ainsi qu'à certains hommes qui risquent de prendre assez mal certaines déclarations anti-machos.
Si vous avez le moindre doute concernant votre sensibilité, ne continuez pas, merci, deux de mes premiers lecteurs l'ont caractérisé comme "Hallucinant"
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Pour le lire, descendez un peu dans la page...
IV- Elle est le feu.
(Extrait de "La sentinelle des mortes" - C'est Odile qui parle )
« Bonjour ma Reine !
— Je te revois vivante, enfin ! m’accueille Kyôko. Sincèrement désolée pour ta sœur, mes poupées ont leur propre mécanisme d’autodéfense, j’avais pourtant prévenu ta famille.
— Elle n’écoute jamais les autres. Elle s’en sortira ?
— Non, son cerveau est mort, elle ne souffre donc pas. Dans quelques jours, elle cessera de vivre.
— Et Sylvain ?
— Il est dans le coma : je doute qu’il se réveille et je ne comprends pas trop comment il pourra mener sa mission de dauphin jusqu’au terme. Mais l’intuition qui nous guide laisse parfois dans l’ombre certains tenants et aboutissants.
— Oui, je l’ai constaté… Tu veux qu’on teste jusqu’où peuvent aller mes pouvoirs ?
— Oui, tu fais peur à tous : des légendes courent sur les Princesses de feu et assimilées. Regarde cet avion dans le ciel. »
Mon regard se dirige vers le minuscule point brillant vu du sol : un chasseur militaire. Lorsque nous regardons un objet lointain, nous autres Princesses pouvons zoomer dessus. Le pilote est seul à bord. Je manipule ses appareils de contrôle… facile ! Affolé par les indicateurs d’alerte tous enclenchés, il envoie un dernier message à sa base et s’éjecte. Il ne me reste plus qu’à imaginer l’objet en feu afin que les moteurs et la carlingue s’enflamment déclenchant l’explosion des armes embarquées et de l’avion lui-même.
« Efficace, admire Kyôko, mais à quoi bon sauver le militaire ?
— Le tuer n’aurait servi à rien.
— Je t’ai réservé trois petites pestes, on va s’amuser toutes les deux un peu.
— Laisse-moi vérifier…
— Ne t’occupe pas trop de ces détails.
— Oui, tu as raison vis à vis d’elles, des dealeuses prêtes à vendre n’importe quelle substance, même à risques mortels, pourvu que ça leur rapporte. »
Tout en conversant, nous sommes arrivées maintenant dans la salle spéciale au sous-sol du bâtiment des femmes sur le site de LILEF. (0)
La pièce est vaste, plus de 100 m², haute d’environ 4 m. Les murs sont carrelés ou, dans un coin, tapissés de miroirs. Dans cette partie, le sol et le plafond sont réfléchissants permettant de se mirer de tous côtés sans effort. Ailleurs, le sol est en ciment ou, dans un autre angle, en terre battue. Le plafond est en parpaing.
Quatre ventilateurs évacuent l’air vicié et modulent son renouvellement en fonction de sa dégradation. La lumière est réglable d’une sombre pénombre à un éclairage violent et cru comme en plein jour.
Plusieurs meubles sont posés souvent n’importe où. On peut admirer une table d’étirement qui laisse plusieurs parties du corps dans le vide et un magnifique fauteuil de sorcière garni de clous intérieurs qui blesseront les chairs. L’assisse est en "V" afin de chauffer la base du corps de la personne assisse éventuellement. Plusieurs croix sont disponibles, ainsi que des tréteaux supportant l’entrejambe d’une prochaine victime. On peut voir aussi une grande baignoire et un aquarium de deux mètres sur trois est empli d’eau avec un système de renouvellement de l’oxygène. Une dizaine de petits piranhas y nagent. Dans un autre coin, sous une lampe à UV, sont disposés plusieurs vivariums renfermant des serpents, araignées et autres scorpions.
Enfin, pêle-mêle, différents instruments sont accrochés aux murs, posés sur des meubles, entassés dans des malles, abandonnés à même le sol ou débordent des armoires. Tout un bric-à-brac d’outils, de liens, d’appareils, de fouets…
« Fais pas attention au désordre ou à la saleté de certains endroits, me commente Kyôko, c’est volontaire, nous ne nettoyons que quand nous voulons que nos "patients" survivent à tout prix.
— Oui, je vois, l’infection fait partie des possibilités de traitement.
— Bien sûr ! »
L’odeur du lieu est en rapport, assez âcre.
Une jeune Noire est assise sur une chaise de fer. Un tréteau de métal supporte une autre victime.
Au coin des glaces, dans un vivarium pouvant contenir une personne assisse, une jeune femme de type arabe est enfermée. Brune, mince presque maigre, assez petite, elle manque de charme, sans doute n’est-elle pas encore vraiment sortie de son adolescence. Menottée au dos contre un poteau, accroupie, sa vulve est appuyée contre une fourmilière… « des fourmis de feu » (Solenopsis invicta) me souffle Kyôko. Sa fente, frottée de miel, est envahie par ces insectes. D’autres se baladent sur elle. Ses chevilles et poignets sont reliés à un générateur qui envoie des décharges variables afin de faire sursauter le corps pour qu’elle soit piquée un peu partout. Elle a dû hurler avant notre arrivée, car sa peau est boursouflée par le venin à certains endroits. Ses lèvres sexuelles ont triplé de volume et l’inflammation les rend rouge vif avec des centaines de petits points blancs.
Elle ne crie plus, car sa figure est envahie et elle n’ose ouvrir la bouche. Mais certaines fourmis entrent en elle par les narines ou les orbites oculaires. En fixant ses yeux noirs, apeurés, qui trahissent une souffrance intenable, je commence à ressentir l’intensité du supplice enduré. Je la visite et comprends. Les insectes se sont introduits via l’anus, le nombril, les tétons ou des crevasses qu’ils ont creusées et ils la piquent abondamment, saisissant la chair dans leurs mandibules afin d’appuyer le bas de leur abdomen sur l’endroit visé et injecter leur venin. Je suis novice encore dans ces inspections internes, cependant en humant sa douleur, je devine une intensité proche de celle éprouvée par une brûlure au fer rouge. Et c’est tout son corps qui subit cette torture.
« Alors ? me demande Kyôko.
— Redoutable supplice, elle va en mourir ?
— Non, sauf si elle est allergique au venin, par précaution on lui a injecté une forte dose d’antihistaminique. Les fourmis ne la mangent pas non plus.
— Quand même, elle a été piquée des milliers de fois !
— Elle semble bien résister, tu l’as constaté, non ?
— Oui, que veux-tu que je fasse ?
— Essaie de lui infliger la même brûlure que celle provoquée par l’aiguillon de l’insecte, aussi forte et ponctuelle, ce qui te permettra de doser ta force de persuasion.
— OK ! le clitoris ou les ovaires ? » demandé-je en souriant.
Et voilà une nouvelle expérience. J’ai l’impression de dérouler un fil de fer virtuel qui s’enfonce au milieu des hyménoptères, franchit le col de l’utérus, se divise en deux brins qui empruntent les trompes de Fallope, parvenant en duo aux gonades féminines.
Je déclenche la montée en température. Certains insectes ont suivi ce fil invisible et rebroussent chemin très vite quand la chaleur s’accentue. La femme se met à hurler et sa bouche est immédiatement colonisée.
J’effectue la même action et m’enfonce dans les chairs clitoridiennes, toutefois le fil d’illusion est barbelé.
« Plus fort ! » demande Kyôko. J’élève la température qui franchit la barre des 1000°. De la fumée s’échappe de la vulve faisant fuir les visiteurs. Dans son bas-ventre, deux lumières rouges semblent s’être allumées, les photons de chaleur traversant les chairs. La victime s’étouffe, crache, vomit les insectes. Elle ne peut hurler sa détresse, prise d’une quinte de toux, saisie de hoquets incompressibles. Je la visite et constate que son bas-ventre est le siège de contractions violentes comme un orgasme… mais je crois qu’il n’est pas de jouissance. J’arrête, craignant un choc thermique fatal, et je fais refroidir dans la seconde la zone érogène devenue noire.
La victime a perdu connaissance, délaissée par ses hôtes affolés de ce qui s’est passé.
« Incroyable, ma chère, apprécie la Reine, passons à la seconde partie.
— Facile, tu veux quoi maintenant ?
— Analyse le venin de ces fourmis une fois injecté !
— Oui.
— Parfait.
— Pour quoi faire ?
— Le reproduire : peut-être le produit de rêve afin de faire céder les récalcitrants.
— Les torturer ?
— Oui, si tu veux. Tu imagines : injecter dans les parties les plus sensibles ce poison qui provoque des douleurs insupportables et ne laisse aucune séquelle. »
J’élève alors le ton :
« Obtenir des aveux de ceux qui refusent de parler, les opposants politiques par exemple ? Je ne veux pas t’aider dans cette voie !
— Pas question de le laisser aux humains ! Parfois, pour éviter un carnage, une telle efficacité serait bien utile à une Princesse qui, bien sûr, saurait lire l’information recherchée au milieu des mensonges que s’apprête à dire le supplicié. Tu sais bien, certains individus ne cèdent pas sous la torture : lorsque c’est une personne comme Jean Moulin, un de nos dauphins, c’est admirable ; quand c’est un terroriste qui peut révéler ainsi un prochain massacre, c’est un mal nécessaire…
— La fin justifie les moyens ?
— Quelquefois, oui.
— Il y a toujours d’autres méthodes. Que des salauds de terroristes soient torturés ? Je ne me situe pas à ce niveau. Par contre les risques de dérives sont trop importants. Même si notre caste est la seule à l’utiliser, il y a Mahâ.
— Je sais bien, continuons le test.
— Et la femme, on en fait quoi ?
— Je vais demander à Princesse Illona de la libérer de cette abomination afin de l’autopsier.
— Elle n’est pas morte encore.
— Nous agissons ainsi parfois, cela nous permet de mieux analyser les lésions. Une forme de biopsie totale.
— Sans anesthésie ?
— Oui… une Princesse peut être plus abjecte que les médecins nazis.
— Pour le bien de l’humanité, tout est bon… même le pire ?
— Oui.
— J’ai quelquefois du mal avec votre cruauté. »
Elle sait, je ne suis pas comme mes 127 autres collègues, sans doute trop jeune dans mon nouveau job. Une fois encore, je suis confrontée à ce dilemme : notre destin de protectrice doit-il justifier ce mépris de l’individu ?
Nous allons vers la femme assisse sur la chaise. C’est une femme noire, plus âgée que les autres, sans doute 25 ans. Elle est grande, très féminine, ses seins sont lourds, un brin tombants, son corps est très musclé, ses jambes également. Elle a été championne d’athlétisme et a abandonné le sport il y a deux ans. Son bassin est large. Son pubis est épilé. Sa figure fait plutôt penser à une Antillaise. On peut dire d’elle : c’est une très belle femme. Ses avants-bras sont liés aux côtés du dossier par du fil de fer, partant en spirale du poignet au coude. Ses jambes sont ficelées de même aux pieds de la chaise.
« Tu devines ce que je veux ?
— Oui, chauffer la chaise.
— Tout à fait ! en portant le métal au rouge tout de suite, auparavant on va lui mettre ces sous-vêtements. »
Elle me montre un soutien-gorge en métal dont les bonnets sont garnis de pointes internes. Plusieurs ressorts permettent de maintenir facilement l’objet en place en écrasant queque peu la poitrine. Quant à la culotte, c’est une sorte de ceinture de chasteté métallique munie d’un double gode et une pique clitoridienne. Avec l’aide de Kyôko je l’habille. La victime se débat sans succès.
Je regarde maintenant les différents objets et je pense 300°. Immédiatement la chaleur programmée est atteinte faisant hurler la femme. Je double la température. Le métal commence à rougeoyer, l’odeur de chair brûlée se répand. La suppliciée se trémousse dans ses faibles possibilités de mouvement. Ses cris sont de plus en plus hurlés.
Maintenant la chaise est rouge intense comme les objets qui la vêtissent. J’entre en elle et constate qu’elle ne pourra s’évanouir de ces tortures, car la douleur est trop insupportable à 800°. J’augmente encore la température. Cela devient inhumain. La couleur des objets devient rouge-blanc. De la fumée s’échappe des parties qui se calcinent. Le bruit de cuisson de la chair sur la chaleur du métal s’entend au milieu des râles humains.
Je pousse encore le chauffage, les accessoires deviennent blancs. Je monte à plus de 1300° le slip et le soutien-gorge, le fer commence à se liquéfier. La brûlure atteint le centre du corps, son cœur ne résiste pas.
« Hum ! c’était géant… Tu veux être notre maréchale-ferrante ? sourit Kyôko
— Je t’assiérai un jour ainsi, ma chérie, tu aimeras.
— Je me sens toute excitée à l’idée, mais nous avons tant de choses à explorer aujourd’hui ! »
Avant de rejoindre le troisième cobaye, j’éteins les métaux.
C’est une jeune femme d’une vingtaine d’année, brune, plutôt potelée, ses seins sont petits aux extrémités assez pointues. Elle est jolie plus que belle, ses yeux noisette pleurent déjà de ce qui l’attend, terrorisée de ce qu’elle a vu de mes actions sadiques. Elle renifle d’un petit nez fin et assez long à sa base. De taille moyenne, on remarque sa toison très brousse. Elle repose sur un tréteau de métal haut de 1m50. Le sommet est en réalité une lame de scie qui s’enfonce dans les chairs si sensibles de l’entrejambe. Elle saigne. Ses cuisses et jambes sont écartées d’un angle de 60° et sont plaquées contre les parois de l’engin. Ses chevilles sont serrées dans deux bracelets de métal d’où partent des chaînes assez fines ; chacune passe par une poulie fixée au sol et se continue vers un treuil électrique.
« Tu vas élever la température du bas de son corps jusqu’à ce que l’eau de ses cellules s’évapore. J’accentuerai alors l’écartèlement en mettant en route le treuil, propose Kyôko.
— Tu veux la scier en deux ?
— Oui ! bien sûr, Odile, tu chauffes toutes les parties métalliques afin d’éviter une hémorragie.
— Je cautérise les blessures c’est cela ? On commence ! Ces expériences me semblent bien fastidieuses. »
Je commence mon travail. Pas très facile de ne pas brûler les tissus tout en portant leur eau à ébullition. Me souvenant de mes études de chimie, je sais que comprimer un gaz l’échauffe. Je m’approche de la victime, la regarde dans les yeux et j’insuffle un gaz sur le bas de son corps en faisant jouer ses muscles. Ça marche ! Je gonfle son vagin ainsi, puis le compresse. Les chairs de sa vulve montent en température, leur eau commence à s’évaporer et la partie visée s’assèche, se contracte et, ainsi, les liaisons entre cellules se rompent et le métal trouve son chemin. Elle s’enfonce petit à petit sur la lame qui la scie. Je fais de même avec le colon. Kyôko déclenche une rotation minime afin de tendre ses membres.
Bien sûr la pauvre fille hurle… je n’y prête pas attention. Elle est sciée maintenant sur 5cm. Je gonfle sa matrice et le supplice s’intensifie. Le sang noir suinte de chaque côté, l’intérieur des cuisses se brûle aux parois que je chauffe contrairement à la lame laissée à température ambiante.
Encore une fois lors de ces tortures, je ne ressens aucun plaisir de la victime. La douleur est si forte. Moi-même je suis bien trop concentrée et ne prête pas attention à ces futilités. Seule Kyôko semble plus émue, sans doute par passion à mon égard. Maintenant le corps est coupé à mi-ventre. Toutes les chairs sciées semblent craquelées, sèches, contractées.
« Dis, Kyôko, tu ne crois pas qu’on peut arrêter ou l’achever, ça marche, test concluant.
— Non, Odile, tes pouvoirs sont si étonnants, admire Kyôko, continue !
— On a autre chose à faire, non ?
— Oui, bien sûr, à autopsier à vif, alors ?
— Si tu y tiens… »
On appelle Illona. Or, durant ma concentration, je n’ai pas fait attention. Une jeune femme est attachée à une croix de Saint-André, je la reconnais, c’est Mylène, l’amie de Sylvain. La belle rousse semble affolée de la fin de mes tests. Elle me reconnaît :
« Vous êtes morte et avez été incinérée ! Mais qui êtes-vous donc ?
— Je suis Odile, la Princesse de la Terre qui maîtrise le feu. Je suis désolée que ton ami soit dans le coma, je ne pouvais faire mieux que lui éviter d’être tué sur le coup.
— Nous allons t’expliquer, reprend Kyôko »
Elle raconte rapidement qui sont les Princesses, l’impossibilité de les tuer, l’abnégation dont j’ai fait preuve afin de sauver son petit ami. La jeune femme semble incrédule, malgré les preuves qu’accumule la Reine qui conclut :
« Nous sommes très inquiètes, la Terre court un danger mortel, toute la vie en sera peut-être détruite et la planète deviendra un désert de mort sans espoir de retour. Je le sais… étant Reine, je peux supposer l’avenir. Heureusement cela n’a pas eu lieu encore et il est peut-être encore possible de l’éviter. Nous n’avons qu’une seule arme assez puissante qui sauvera peut-être l’humanité : cette arme c’est Princesse Odile, or elle n’est pas prête encore.
— Je ne vous crois pas, cela ne tient pas debout. Libérez-moi, je ne vous sers à rien ; vous délirez complètement et je ne comprends pas trop en quoi je peux vous aider.
— Odile a besoin de grandir, de devenir une vraie Princesse, de trouver sa voie. Elle doit soumettre une femme, faire d’elle son esclave : ce sera toi qui seras sa dauphine, qui se sacrifieras ainsi, pour elle, afin qu’elle sauve la Terre.
— Vous êtes folle, Madame !
— Je te comprends Mylène, Kyôko ne m’en a rien dit et je ne vois pas ce qu’elle veut… explique-nous ma Reine. »
La souveraine me fixe de son regard si limpide, entre en moi, je me laisse faire. Je sens alors que Kyôko nous met en communication toutes les trois ensemble. Bien entendu la crucifiée, surprise, semble se liquéfier, découvrant soudain que les élucubrations qu’elles a entendues n’en sont pas. La Reine nous ouvre l’une à l’autre. Je découvre cette toute jeune femme qui m’était inconnue.
Elle est émue, ses dénégations n’étaient qu’une façade. Tous ces événements l’ont profondément ébranlée : le petit temps de recul, l’observation du bonheur de Sylvain dans son sommeil sans retour et qui semble communicatif. Elle a dévoré les journaux, les nouvelles, l’Internet… En savoir plus sur les événements. La mère de son ami lui a raconté ma crémation et ce qui s’est passé alors.
Kyôko lui révèle que c’est elle qui a livré mon corps sans vie aux flammes, qu’elle m’aime, mais doit s’effacer temporairement afin que la jeune Princesse domine son esclave. Elle lui révèle aussi sa grossesse et lui apprend que sa fille sera indispensable à la survie de l’espèce. Il faut donc que cette grossesse aille à terme.
Je découvre Mylène, elle se transforme : ce qui était un bouclier de raisons afin de ne pas croire l’incroyable disparaît brusquement, car elle me lit comme lorsque j’avais découvert Kyôko. Mes souvenirs sont parcourus, détaillés, tout ce qui m’est si personnel, je le lui donne. Elle découvre alors mes doutes permanents sur mon identité… Suis-je vraiment Odile la fille de mes parents ou une autre qui a attendu sa seconde naissance et se révèle.
Elle découvre, étonnée, cette pureté plutôt naïve qui me faisait femme facile, fille à donner son slip à de pauvres mâles heureux (5), masochiste prête à révéler à n’importe quel phallocrate la force qui est en lui et son pouvoir de nuire et de faire mal, déçue de n’avoir découvert plus cruel que quelques bourreaux de lit, plus pervers que quelques violeurs, parfois un brin plus violents que la norme qui délimite ce crime de ceux qui s’accompagnent d’actes de torture et de barbarie.
La jeune Odile aurait été prête à se livrer aux pires de tous, à la crème du serial killer qui pourrait faire souffrir ses chairs au-delà de sa perception. Cependant, en lisant les témoignages, les moments des procès, les journaux salaces qui relataient les faits, on ne découvrait que des brutes épaisses, haineux de la femme parce que leur mère en était une, malades obsessionnels confinés dans leur isolement sensoriel et social, souvent retardés mentaux, mais pas de ceux qu’on peut aimer, qui sont si troublants, émouvants, à protéger contre la noirceur de la normalité. Non ces tueurs en série n’étaient, ne sont que des caricatures du macho moyen qui ne voit du sexe faible qu’un objet qui satisfait ses pulsions égoïstes de dominant croit-il !
Alors elle rêvait, je rêvais d’aller dans ces pays où les droits de l’homme se résument au droit du plus fort, d’y commettre quelque acte délictueux afin d’être livrée aux tortionnaires les plus obéissants, prêts à massacrer en détail n’importe quel homme ou femme qu’on leur livrerait uniquement pour libérer cet instinct bestial qui sommeille, dit-on, en nous et ainsi plaire à leur hiérarchie.
Rien qui vaille au seuil de mes phantasmes morbides.
Alors il y avait les livres… Certains écrits par des esprits brillants qui ne se contentaient pas d’aligner des scènes, mais qui les habillaient, les justifiaient, les embellissaient de mots leur donnant une réalité plus belle ou plus atroce que la morne vie sans aspérité.
Ô ! combien était l’excitation atteinte ; et le petit cerveau faisait marcher ses rouages englués dans la bien pensante qu’on lui disait d’être.
Eh ! pourquoi attendre : si le mal ne vient à toi, sois-le envers ces minus, ces aboutis du coït, ces abrutis de la fierté masculine qui cachent leurs sensibilités enfantines sous le vernis du paraître… Un homme, pff ! un laquais pour dominatrice, oui !
Là je crois que même ouverte à tous vents, Mylène perd pied dans ma lecture.
Je la détache… Elle se précipite à mes pieds, s’agenouille et pleure. Cette brusque rupture de liaison a dédouané ma Reine de ses obligations de présentation de l’une à l’autre et elle s’éclipse.
La jeune rousse au regard noisette incline sa tête, nos yeux se croisent, elle ne peut plus se détourner, piégée par ce que je lui suggère : « fais-moi minette ! »
Une langue timide m’obéit pendant que j’entre en elle bien différemment des autres fois. C’est le feu qui se faufile vers son clitoris, le chauffant juste assez afin de l’exciter sans le blesser. Elle gémit sous cette caresse brûlante.
Comme un déclic se produit alors, je ressens une transformation soudaine en moi, les doutes n’en sont plus, la certitude de n’être plus cette idéaliste, déterminée parfois, timide trop souvent. Je sais ma place, elle est immense, je me sens la sauveuse que le monde attend, comme une force invincible, toute puissante semble émerger de mes entrailles.
La transformation est perçue par Mylène qui pleure tout en m’effeuillant de sa langue. Mon regard se fait dur, impitoyable, je lui saisis les deux joues entre mes mains, la relève ainsi à ma hauteur, elle tremble de peur. Je plaque sa bouche contre la mienne et insère ma langue entre ses lèvres ouvertes à mon désir, je cherche la sienne. Elle gémit du feu qui l’envahit.
Mes yeux sont de braise et ses larmes semblent comme s’évaporer sous la chaleur transmise. Un reflet dans une glace… ma peau apparaît parcourue intérieurement de feu, des flammes dansent par transparence sous mon enveloppe charnelle. Tout mon corps peut enflammer qui s’approche de moi.
Je saisis la jeune femme par les seins, mes paumes sont des tenailles brûlantes comme le fer et la font gémir de douleur. Je la force à s’agenouiller, s’allonger, je chevauche sa bouche. L’excitation me gagne et ma cyprine sort brûlante de Bartholin. Elle la boit avec des sanglots de douleur. Elle tremble.
Je m’allonge sur elle, lui ouvre sa vulve, une flamme sort de l’extrémité de ma langue que je dirige vers le gland clitoridien. Elle ne peut plus retenir un orgasme d’une force incroyable qui me transporte de concert. Elle hurle de tant et tant de jouissances insupportables, trop fortes pour elle, qui lui font si mal et qui la laissent s’abandonner à ma possession de tout son être. J’explose en elle comme une femme fontaine… comme Kyôko l’a été avec moi… Comme une Princesse, fontaine de feu !
Nous restons ainsi, l’une sur l’autre, moi essayant de voir si son bébé va bien, elle se calmant de ses souffrances. Ma peau s’est apaisée, seules quelques flammèches la parcourent encore.
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Par odileavril dans Accueil le 4 Avril 2009 à 21:20
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